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fleursduval
(La traduction est la mienne)

Sur sa Cécité

À mesurer que ma lumière est épuisée
Dans ce monde assombri bien avant mon midi,
Et qu'un talent qui meurt en demeurant enfoui
S'enlise en moi, alors que l'âme s'est penchée

Pour servir mieux mon maître, et présenter d'emblée
Mon compte, de peur qu'il ne me tienne en mépris
"Dieu veut-il le labeur quotidien dans ma nuit?"
Dis-je. Mais pieusement la Patience zélée

Répond pour prévenir cette tourmente: "Dieu
N'exige ni le fait ni l'obole. Qui mieux
Le sert ne croule pas sous son aimable joug.

Il règne. Sans répit, des milliers pour lui plaire
Franchissent l'océan et se hâtent sur terre.
Ils le servent aussi qui attendent debout."
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Le mot que j'ai traduit comme "martyrs," en Arabe moderne, ne se réfère qu'aux attentats-suicides. Ce poème a été le victime de nombreuses critiques qui l'ont condamné comme glorification de l'attentat-suicide. Telle critique ignore que le poème considère toute forme de suicide comme résultat du désir de fuire une vie devenue insupportable.

Quand les martyrs s'endorment
Par Mahmoud Darwish
Traduit, de l'Arabe, par Fleursduval (Moi)

Quand les martyrs s'endorment je me réveille pour les protéger des pleureuses.
Je leur dis: Que vous vous réveilliez dans un pays de nuages et d'arbres, de mirages et d'eau.
Je les félicite de leur sécurité de cet évenement incroyable, de la valeur excédentaire du carnage.
Je vole du temps pour qu'ils m'enlèvent du temps. Sommes-nous tous des martyrs?
Je chuchotte: mes amis, laissez un mur pour la corde à linge. Laissez une nuit pour le chant.
Je pendrai vos noms selon vos voeux. Dormez donc pour l'instant. Dormez sur l'échelle de l'arbre de vin aigre
Pour que je protège vos rêves de vos gardiens, de leurs poignards, du complot du Livre contre les prophètes,
Soyez le chant de ceux sans chant lorsque vous vous endormez.
Je vous dis: Que vous vous éveilliez dans un pays charrié sur le dos d'un jument qui galoppe.
Je chuchotte: mes amis, vous ne serez pas comme nous, cordes d'une potence inconnue.



عندما يذهب الشهداء إلى النوم أصحو
محمود درويش

عندما يذهب الشهداء إلى النوم أصحو , و أحرسهم من هواة الرثاء
أقول لهم : تصبحون عاى وطن , من سحاب و من شجر , من سراب و ماء
أهنئهم بالسلامة من حادث المستحيل , و من قيمة المذبح الفائضه
و أسرق وقتاً لكي يسرقوني من الوقت . هل كلنا شهداء ؟
و أهمس : يا أصدقائي اتركوا حائطاً واحداً , لحبال الغسيل , اتركوا ليلة للغناء
أعلق أسماءكم أين شئتم فناموا قليلاً , و ناموا على سلم الكرمة الحامضه
لأحرس أحلامكم من خناجر حراسكم و انقلاب الكتاب على الأنبياء
و كونوا نشيد الذي لا نشيد له عندما تذهبون إلى النوم هذا المساء
أقول لكم : تصبحون على وطن حمّلوه على فرس راكضه
و أهمس : يا أصدقائي لن تصبحوا مثلنا ... حبل مشنقة غامضه!
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Aujourd'hui j'ai vu "Aladdin" en Français (Disney) et les traducteurs ont completement RUINÉ les paroles de "Arabian Nights." (Nuits D'arabie) Ils ne conservent rien du mystère qui m'ensorcellait dans mon enfance.

C'est pour ça que je viens d'écrire ma propre version française de cette chanson:


Les Mille et Une Nuits (Nuits d'Arabie)

Moi je viens d'un pays de chameaux et mirages
Et de vagabondes sans loi
Qui te coupent l'oreille s'ils n'aiment pas ton visage.
C'est barbare mais, eh, c'est chez moi.

Le soleil est à l'ouest
Et le vent vient de l'est
Et le sablier se remplit...
C'est le moment mystique
Vole en tapis magique
Vers une autre des mille et une nuits!

Les mille et une nuits
Et les mille et un jours
Te brûlent a minuit
Ainsi qu'à midi
Pareillement à l'amour.

Les mille et une nuits
Sous les mille et une lunes
Sont parfois fatales
Au fou en cavale
Éperdu dans les dunes.
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Je suis en train de prendre un cours d'immersion pour améliorer, voire perfectionner, mon Arabe. Rage du Jour:

Pourquoi est-ce que tout mot commun qui décrit un homosexuel en Arabe doit être péjoratif? وطي (Liwtî) veut dire "Sodomite" et شاذ (Shâdh) se traduit comme "irrégulier." Le seul mot bénévolant qui décrive l'idée, مثلي (mithlî), n'est guère employé par la majorité des locuteurs natifs que j'ai encontrés au Moyen-Orient. L'acte même de s'en servir a des connotations particulièrement politiques, contrairement aux équivalents occidentaux.

GRRRR.

Et d'ailleurs...il n'y a pas de traduction du mot "bisexuel," lacune que j'ai découverte après de nombreuses enquêtes qui ont fait rougir de nombreux profs. (Dorénavent je me rapellerai à ne pas poser de pareilles questions à une femme qui, même après avoir passé une décennie aux EU, porte toujours un voile.)
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Tout son se noya sous la sérénité
D’une mer calme comme l’oeil d’un coroner
Qui refoule la mort dans une mémoire
Livide derrière un ciel factice.
Le matin essaya de parler, mais pensa en pluie.
Sous un air où l’humanité s'était tue
Et les goélands rares badinaient privés
D'une terre détruite comme un Grec sculpté
Il n’y eut pas de reliques de ce qui était mort:
Une culture basculée sur le seuil de l’espace
Qui se suicida en pierres qui ne dirent pas le secret
De la maîtrise de la gravité et de la mort niée,
Insularité funeste d’une race privilégiée
Où cette grande fusion avait été froide.
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La cécité m'obsède parce que, selon les diagnostics de plusieurs oculistes, je me détruis la vision en lisant compulsivement et sans cesse, dégénération que de nombreuses ordonnances ne peuvent que pallier. A vieillir ma vision s'aggravera de plus en plus.

Borges a remarqué, en parlant de sa propre cécité, que "Le jaune et le vert m'accompagnent toujours" et que "une des couleurs que les aveugles ne voient pas, c'est le noir." Je me suis toujours figuré la cécité comme noirceur totale, non la fantasmagorie de diverses couleurs comme laquelle il la percevait. Pour lui, c'était un don. La cécité lui avait octroyé les merveilles de la poésie anglo-saxonne et les poèmes fabuleux qui louent ironiquement son état. Il a dit que c'était "une des nombreuses façons de vivre."

L'existence d'Homère est douteuse. Le temps aurait pu dissimuler une multitude d'auteurs sous son nom. Mais cela n'est pas important. Ce qui est curieux, c'est qu'il est unanimement représenté comme aveugle, bien que sa poésie soit splendidement visuelle, ce qui me fait douter de la légende de sa cécité. (L'aube aux doigts de rose n'est pas du tout l'image d'un aveugle.) Je crois que les Grecs lettrés l'ont représenté comme aveugle pour souligner que la poésie est surtout et essentiellement un art auditif. Le visuel peut exister ou ne pas exister dans un poète. Il y a eu des poètes cérébraux et intellectuels qui manquaient totalement de créativité visuelle. Mais le génie auditif, la compréhension de l’interaction entre le son et le sens est obligatoire. La poésie est inextricablement liée à la lyre.

Milton a détruit sa vision en écrivant des brochures qui soutenaient l’exécution du roi. Il parlait de sa cécité comme acte noble et ne s’en est jamais plaint. C’est sa cécité qui lui a redonné son premier amour, la poésie qu’il était contraint à dicter aux visiteurs.

La cécité et la perte du mot écrit paraissent favorables à la poésie.

Une Rose et Milton
Traduit de l’espagnol de Jorge Luis Borges


Sans rien qui la distingue ou l’étrange des choses
Qui furent, se consume au fond du temps pâli
Une rose. Je veux la tirer de l’oubli.
Retrouvez cette rose, ô familles des roses.
Donnez-la-moi; le sort me dispense ce soir
Le privilège de nommer pour la première
Fois cette fleur silencieuse, la dernière
Que rapprocha à son visage, sans la voir,
Milton. Qui que tu sois, rouge, jaune peut-être
Ou blanche rose au cœur d’un jardin effacé,
Je demande qu’un charme écarte ton passé
Et te fasse éclatante en mon vers apparaître
Avec tes ors, tes ivoires, et tes carmins,
Ou la ténèbre- ô ténébreuse entre ses mains!
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Take my love, take my land

Ôte ma terre, ôte ma femme
Ôte ma voile et ôte ma rame
Je suis libre, non pas frêle.
Rien ne m’ôtera le ciel.

Emmène-moi vers l’au-delà
Sache que je ne reviens pas
Même si la montagne se fêle
Rien ne m’ôtera le ciel.

Nulle démeure n’est comme celle
Dont Sérénité m’appelle.
Rien ne m’ôtera le ciel.
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Ma belle, ne me chante plus
Tes vieux chants de la Géorgie;
Ils me rapellent où je fus
Sur l'autre rive dans l'autre vie!

Ils me rapellent à jamais
Cruellement la nuit, la plaine,
Le clair de lune et tous les traits
D'une pauvre fille lointaine.

Ce fantôme fatal et cher
Disparaîtra en ta présence
Mais sitôt que j'entends tes airs,
Le voici dans ma conscience.

Ma belle, ne me chante plus
Tes vieux chants de la Géorgie;
Ils me rapellent où je fus
Sur l'autre rive dans l'autre vie!

Original:

Не пой, красавица, при мне
Ты песен Грузии печальной.
Напоминают мне оне
Другую жизнь и берег дальний.

Увы, напоминают мне
Твои жестокие напевы
И степь, и ночь, и при луне
черты далёкой, бедной девы!

Я призрак милый, роковой,
Тебя увидев, забываю:
Но ты поёшь и предо мной
его я вновь воображаю.

Не пой, красавица, при мне
Ты песен Грузии печальной.
Напоминают мне оне
Другую жизнь и берег дальний.
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J’ai beau essayer, je ne peux pas cesser de temporiser et de remettre mon travail à plus tard. La crainte d’échouer ne peut que m’empêcher de dormir sans me motiver et j’en ai marre. Mon impulsivité me rend impuissant et me paralyse intellectuellement. Sortez-moi d’ici!
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J'ai encore envie de cribler mon journal de mes pensées surréelles...

Le sommeil m’esquive. J'entends le son distant des rouages gênés. Cette chambre est fermée. Un éclair l’a traversée. Il me semble du moins avoir aperçu un. Etait-ce la merveilleuse réalité qu’on perçoit de la nôtre? Est-ce possible ? Il n’y a aucun passage. Les vitres sont couvertes d’épais rideaux.

Cela ne fut-il qu’une illusion ?

Cette chose, ce malentendu qui bascule entre dedans et dehors m’a fait entendre un grondement violent. Pendent qu’en ce vide obscur la respiration est à peine sensible, un silence imperturbable demeure couché et endormi à mes pieds.

Ce frémissement qui a parcouru et arpenté les coins de ce lieu, a provoqué dans les forêts un cri douloureux, audible jusqu’à cette chambre où je suis coincé. Les rayons pénétrèrent cet instant fragile.

Quelle vision ! Quelle planète à forme de mon siège tourne et tourne. Est-ce la forme de ma pensée : un royaume céleste contenu dans ma chambre ?
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